Article du jeudi 4 décembre 2008
« Réapprendre à souffrir »
Après la défaite de la Cro face à Pont-de-Claix, le président Gonnet est en colère : des «sanctions» seront prises si l’équipe ne redresse pas la barre.
«Attention ! Une fois, ça va, mais deux fois, ce serait trop ! » Jean-Paul Delorme ne croyait pas si bien dire avant le match de son équipe face à Pont-de-Claix. Déjà battue à domicile par Saint-Vulbas le 8 novembre, la Cro, victorieuse entre-temps à Aix-les-Bains, a de nouveau baissé pavillon le week-end dernier dans son boulodrome des Canuts.
« C’est une situation que je n’ai jamais connue », commente simplement l’entraîneur, en charge de l’équipe fanion du club champion d’Europe depuis onze ans. Et pour cause : deux défaites d’affilée à la maison, ce n’est tout simplement jamais arrivé à la Cro depuis la création des clubs sportifs en 1984.Cette situation, Delorme dit en tout cas l’assumer pleinement : « Ce genre de rencontre, on les gagnait la saison dernière », explique-t-il. « Aujourd’hui, il nous manque ce petit truc qui fait la différence : l’envie. Il faut lutter contre l’embourgeoisement ».
« Il faut réapprendre à souffrir », insiste de son côté, et dans ce sens, Michel Gonnet. Le président lyonnais est en colère et ne le cache pas : « Des sanctions seront prises », assure-t-il. Si le bateau continue de tanguer, « certains joueurs n’auront plus leur place en équipe première. Tout le monde est concerné ».
Le dirigeant, comme son entraîneur, précise cependant que « l’équipe est sans doute émoussée ». Et que « la concurrence s’est considérablement accrue cette saison ».Il est vrai que Pont-de-Claix, comme Saint-Vulbas, a désormais les armes pour viser le titre de champion de France Elite, propriété de la Cro depuis deux ans. « Je suis contre le système des play-offs », explique Michel Gonnet, « mais il pourrait bien nous favoriser en 2009 ».
La Cro, lâchée par Saint-Vulbas au classement, pourrait en effet bien ne pas finir la saison régulière en tête. Elle garderait néanmoins toutes ses chances d’être sacrée pour la quatrième fois de suite en terminant dans les quatre premiers pour disputer les demi-finales et, peut-être, la finale du 26 avril à… Saint-Vulbas. Mais on n’en est pas là.
Car, comme ne manquent pas de le rappeler certains observateurs éclairés, les deux défaites concédées par la Cro sur ses jeux vont peser dans la balance psychologique qui penchait toujours, ces dernières années, côté lyonnais avant même le début de certains matches. Ceux qui ne se faisaient guère d’illusions avant novembre 2008 vont désormais pouvoir y croire. La mission de la Cro et de ses joueurs : ne pas laisser s’installer leurs espoirs.Sébastien Calemard