Article du mardi 13 mai 2008
National : la première de Maugiron
Frederic Maugiron, au parcours atypique, gagne son premier grand titre en jeu traditionnel
Et dire que Pont-de-Claix était venu sur le Bellecour avec une ambition bien modeste: « marquer des points pour remonter au classement et se qualifier pour le National ». Nouvellement constituée, la quadrette iséroise avait bien débuté l’année, mais la suite avait été plus compliquée avant de retrouver une meilleure cohésion il y a seulement quinze jours au Cheylard. Frederic Maugiron et les siens se sont frayés leur chemin à coups de machette sur les jeux lyonnais. « Aucune partie n’a été facile, on n’avait jamais fait d’écart. Même en demi-finale le matin, puisqu’on gagne au temps » note Fred. Mais en finale, Pont-deClaix a très vite pris la mesure de l’Ascul de Ruillat, dont on comptait dans nos éditions d’hier le drôle de wek-end puisqu’il aura dû laisser son équipe jouer seule hier. Les deux annulations initiales de Riberon n’ont pas fait longtemps illusion avant que les Isérois marquent un coup de quatre qui aura donc pratiquement d’entrée scellé le destin de ce concours national. Une épreuve de haute tenue qui a vu Didier Plan et Serge Gottardo inscrire pour la deuxième fois leur nom au palmarès du Pentecôte, quinze ans après l’avoir gagné le premier en Excellence, l’autre en quatrième division. Mais pour Fred Maugiron, 34 ans le 26 mai prochain, c’était une grande première, lui qui avait deux fois échoué en finale, en minimes puis avec Montélimar! «Voilà, j’ai mis vingt-quatre ans pour remporter une épreuve qui est sans doute la plus prestigieuse, avant même les championnats de France».
Le parcours de Maugiron est assez atypique puisqu’il fut d’abord un des plus beaux fleurons des championnats de clubs sportifs. Mais il était alors moins considéré pour ses qualités de bouliste que pour son adresse dans les disciplines de tirs. Il a sans doute fait le bon choix en allant en Italie en 2003. Il y est resté deux ans, y est devenu le premier Français champion d’Europe des disciplines sportives, mais c’est là, à Ferrero Cirie Caudera, qu’il a pris un nouvel élan dans le jeu traditonnel. « C’était en effet le meilleur endroit pour évoluer. J’ai appris beaucoup de choses au niveau de la jouerie. les Italiens sont à ce niveau, les plus performants. J’ai eu la chance de cotoyer les meilleurs. Aujourd’hui, je ne me définis pas comme un leader, car je préfère penser avoir l’esprit d’équipe plutôt que l’esprit d’un patron d’équipe. Mais j’essaie de dire les choses que je ressens sans attendre ». Son approche du jeu a changé, mais Fred reste ce garçon aux réactions contenues, qui, hier, affichait un calme olympien après son premier succès dans le plus grand tournoi du monde. « Mais ça bouillonne à l’intérieur. J’ai toujours été un compétiteur dans l’âme et je pense à tous ces grands joueurs qui ont gagné ici en me disant : enfin, je gagne à mon tour! ». La cohabitation du tournoi National avec le concours International n’atténue pas la portée de ce succès. « Bien sûr on peut se demander si on aurait gagné si toutes les équipes du Top16 avaient été là. Mais ce concours international est pour les grosses cylindrées une belle occasion de se confronter aux meilleurs et pour d’autres équipes comme la notre cela crée une possibilité de résultat». Que Pont-de-Claix a donc su saisir au bond!Philippe Perroud