Article du lundi 21 juillet 2008
Elite: Bilon, la consécration
L’Aixois, premier du classement, s’est imposé à Bourg comme en double et à Bellecour
Ils sont en larmes, les Aixois de Manu Bilon. Romain Garcia, Christophe Bois, Jeannot Perrier, Luc Ayral, soutenus par leur copain Alain Cluzel (qui vient d’être opéré, et donc qui ne jouait pas à Bourg-en-Bresse) sont comme des gamins, perdus au milieu du somptueux carré d’honneur du parc Ainterexpo. On dirait qu’ils ont remporté leur premier titre, et pourtant, à eux tous, ils comptent plusieurs dizaines de couronnes nationales. Ils viennent tout simplement d’ajouter une pièce à leur collection. La plus belle : les championnats de France quadrettes Elite.
Selon les statistiques officielles, jamais, depuis la création du classement des équipes en 1989, le leader de la « saison régulière » n’avait raflé le titre suprême. C’est donc l’exploit accompli par les hommes « sponsorisés » par Jean-François Gobertier, déjà champions de France en double à Nantes début juillet et lauréats des Tournois de Pentecôte à Lyon en mai. Le tout à l’issue d’un parcours une nouvelle fois sans faute.
Impressionnants ce week-end - ils ont même réussi deux « 11-0 » d’affilée, contre les Pontois de Goffi samedi en poule et face aux… Aixois de Battistella hier en demi-finales (en seulement deux mènes!) -, les Savoyards sont venus à bout, en finale, des vaillants Toulousains de René Cannizzo. « Quand on a Vincent Lapertot en face de soi, on ne sait jamais ce qui peut arriver », soufflait Bilon, à propos du toujours prodigieux tireur de Haute-Garonne, après cette ultime victoire, arrachées plus difficilement que les précédentes à une équipe qui a vu le vent tourner quand son bouillant leader a été « sifflé » pour dépassement de temps à 4-4. Jusque-là, Lapertot, Christophe Bellio (remplacé en cours de partie par Pierre Giraud), Frédéric Ferrand et bien sûr René Cannizzo avaient mené la vie dure aux champions de Bellecour. Mais comme presque toujours cette saison, ces derniers ont fini par s’envoler vers un nouveau triomphe (11-4). « C’est la fin d’une année exceptionnelle », pouvait donc jubiler Romain Garcia, qui a donné « la gagne » à sa formation d’un énième maître tir. Comme à Pentecôte…
À Nantes, en double, Garcia avait d’ailleurs perdu en finale, aux côtés de Christophe Bois, face à la paire Perrier-Ayral, représentants de l’équipe de Manu Bilon. « Nous allons tout gagner! » avait-il lancé, rageur, après cette défaite. Il pleurait de déception. Hier à Bourg-en-Bresse, après la consécration, c’est la joie partagée avec son équipe réunie qui a fait couler ses larmes.
Sébastien Calemard